Qu’est-ce que le Yoga sutra ?

Écrit 200 ans avant notre ère, le Yoga Sutra de Patañjali est un classique de la littérature sanskrite antique. Cet ouvrage majeur influence l’ensemble des écoles traditionnelles indiennes. Aujourd’hui encore, il est le socle des pratiques modernes de hatha-yoga.

Dans ce texte des Yoga sutra, Patañjali compile pour la première fois la sagesse ancestrale des yogis. Il y expose un « yoga darsana », une méthode, un point de vue philosophique pour atteindre l’état d’apaisement et de quiétude.

Sur quatre chapitres, Pantañjali fixe les bases qui définiront le yoga tel que nous le connaissons aujourd’hui. Les différents aphorismes, les sutras, constituent des recommandations spirituelles essentielles pour avancer sur le chemin de vie yogique.

Dans le deuxième chapitre du livre qui porte le nom de « Sadhana Pada »,  Patanjali décrit les préceptes que le yogi met en place pour sa pratique d’une vie bonne et saine.

Ce chapitre présente les huit piliers, qui ont établi les bases de notre yoga moderne :

  • les règles de vie et de relation à autrui (yama) ;
  • les règles de vie et de relation à soi (niyama) ;
  • les postures (asanas) ;
  • le travail de la respiration (pranayama) ;
  • l’écoute sensorielle interne (pratyahara) ;
  • la concentration (dharana) ;
  • la méditation (dhyana) ;
  • l’état de quiétude (samadhi).

Je vous propose de nous attarder sur les deux premiers piliers du yoga, souvent peu explicités dans la pratique des yoga modernes, des principes pourtant tout aussi essentiels à prendre en compte que la pratique posturale et respiratoire.

  1. LES YAMAS :

Les yamas sont les principes de vie éthiques qui forment le premier des huit piliers du yoga. Ils sont un ensemble de règles universelles qui visent à aider les pratiquants à vivre une vie plus harmonieuse et équilibrée.

Les cinq yamas sont les suivants :

  1. Ahimsa (non-violence) : ce principe implique le respect et la compassion envers tous les êtres vivants, humains et non-humains. Cela inclut l’abstention de toute forme de violence physique, mentale ou verbale pour les autres et pour soi-même.
  2. Satya (vérité) : ce principe implique la pratique de la vérité dans tous les aspects de la vie, y compris les paroles, les pensées et les actions. C’est aussi être sincère avec soi-même et se respecter.
  3. Asteya (non-vol) : ce principe implique l’abstention de voler ou de prendre ce qui ne nous appartient pas, que ce soit matériel ou immatériel. C’est aussi être son propre principe de vie, sans vouloir imiter ou envier les autres.
  4. Brahmacharya (contrôle des sens) : ce principe implique la maîtrise de soi et la pratique du contrôle des sens pour éviter toute forme de comportement excessif ou déséquilibré. On peut le traduire aussi par « faire de son mieux, de tout son cœur »
  5. Aparigraha (non-possessivité) : ce principe implique l’abstention de la convoitise ou de l’attachement excessif aux biens matériels, ainsi que la pratique de la simplicité et de la modération. On peut aussi le traduire ainsi : «  chaque instant est unique, je ne peux pas le retenir, mais je peux en profiter au mieux »
  1. LES NIYAMAS :

Les niyamas correspondent au deuxième des huit piliers du yoga qui codifient le chemin spirituel yogique. Ils représentent la discipline personnelle que met en place le yogi tout au long de sa vie pour trouver le chemin de l’apaisement et de la quiétude. Les yamas et niyamas sont complémentaires et indissociables.

Les cinq niyamas sont les suivants :

  1. Saucha (purification du corps et de l’esprit) : ce principe implique une hygiène de vie corporelle, alimentaire, des pensées et des paroles mesurées. On peut aussi le traduire par « se nourrir d’un sentiment agréable », c’est-à-dire de mettre à distance les discours ou attitudes négatives qui pourraient être nocives dans nos relations.
  2. Santosha (apprendre et développer le contentement) : ce principe implique, qu’il fasse beau ou qu’il pleuve, que le yogi n’est pas affecté par ces changements. Il est serein, car il a pris refuge dans un sentiment profond de plénitude et ce, quelle que soit la situation. Il développe le positif en lui-même.
  3. Tapas (développer et entraîner ses sens) : ce principe implique l’effort soutenu, cette persévérance que l’élève met à poursuivre son chemin yogique malgré les difficultés rencontrées sur son parcours. Dans ces difficultés, il y a le mental. Puissant, parfois difficile à contrôler, il peut entraîner le yogi à l’égarement, voire même à l’arrêt de sa pratique. Le mental n’est pas pour autant un ennemi. Il faut s’entraîner à reconnaître ce qu’il induit en nous. Tapas pourrait aussi être traduit par : «  observer ce qui se passe et en tenir compte ».
  4. Svadhyaya (l’étude, l’exploration de Soi) : ce principe implique l’étude de soi et des textes sacrés du yoga. Cette connaissance de soi nous mène à l’intérieur de nous, à un questionnement sur qui nous sommes et à un champ de possibles qui s’ouvre pour une vie saine et bonne. Cette connaissance de soi naît aussi de l’étude régulière et approfondie des textes anciens. Ils ont pour sujet principal le concept de Brahman (le Tout, la Source, le principe originel) et s’articulent autour de la question humaine « qui suis-je ? ». On pourrait également traduire ce précepte de svadhyaya par : «  être déterminé et volontaire pour révéler la véritable nature de son être ».
  5. Ishwarapranidhana (l’abandon et le lâcher prise) : ce principe implique que le cœur est l’outil le plus puissant pour contrebalancer la force du mental. Il correspond à la foi, principe spirituel qui dépasse toutes les religions. Ce qui importe n’est pas l’objet de la foi, ni même les choix de manifestation de cette foi, mais la foi elle-même. En effet, « avoir foi en » revient à reconnaître que « quelque chose de plus grand que moi existe ». Quand je mets en place toutes les actions pour une vie saine et bonne, j’agis au mieux. Mais j’ai conscience qu’il existe un principe plus grand que moi dont je fais partie, comme tout être humain. Ce principe agit lui aussi sur mon existence sans que j’ai de prise sur lui. On pourrait également le traduire par : «  lâcher prise et faire confiance ».

En appliquant les yamas et les niyamas dans leur vie quotidienne, les pratiquants de yoga peuvent approfondir leur pratique et leur compréhension de la vie. Chaque vertu présentée est interdépendante et se nourrit des autres, comme un écosystème moral et éthique qui mène le yogi a une vie saine et bonne. Ces préceptes ne sont pas des dogmes à suivre aveuglément. Ils représentent des chemins de vie à parcourir. Trouvez le vôtre !

Quel yoga, pour quelle pratique ?

Que ce soit en récupération de l’effort sportif, par ce que vous avez des douleurs ou pour relâcher le stress qui s’accumule, le yoga lent est fait pour vous. Cette forme de yoga met l'accent sur la respiration, la relaxation profonde et la détente.

S’autoriser à ralentir

Ralentir, prendre le temps… Quand la vie nous pousse à accélérer, s’autoriser un espace temps pour se retrouver avec soi-même et se recharger en énergie. Ce yoga nous apprend qu'une exécution plus lente des mouvements et une concentration sur la respiration permettent un meilleur relâchement du corps et du mental. Il développe concentration, équanimité mentale et patience.

La pratique dans la lenteur vous permet de prendre conscience de votre corps et de ralentir votre respiration. C’est une approche équilibrée qui permet de s'adapter à votre rythme naturel et d’ajuster vos mouvements si besoin.

Bien-être physique

D’un point de vue physique, ce yoga permet aux muscles et tissus conjonctifs de se détendre, d'allonger la silhouette. Il permet aussi d'ouvrir des zones telles que les hanches et le bas du dos parfois difficiles à mobiliser. Les séquences sont conçues pour échauffer progressivement les muscles, sans exercer de pression excessive sur vos articulations. Il améliore la force et la flexibilité, de manière douce et avec un faible impact. Avec une pratique régulière, votre amplitude de mouvement, vos performances sportives et votre équilibre augmentent.

Calmer le mental

Les mouvements lents et la respiration consciente activent le système nerveux parasympathique, aidant à réduire le stress et poser l'esprit. Au fur et à mesure que vous ralentissez, vous permettez au bavardage mental de se calmer, créant ainsi plus d'espace pour vous libérer de l’impatience et cultiver la concentration et l’écoute de vos émotions.

Ce yoga convient à tous les âges et à tous les niveaux, en récupération de l’effort sportif, si vous avez des douleurs ou pour relâcher le stress qui s’accumule. Il est particulièrement recommandé aux personnes âgées, femmes enceintes et à toute personne ayant une blessure ou un problème de santé (après accord du médecin traitant).

Le yoga est-il un sport ?

Montre connectée pour mesurer le nombre de calories perdues pendant le cours de yoga, postures acrobatiques, performances pour devenir « la meilleure version de soi-même », posts sur instagram avec un corps « parfait » : une partie de la société nous suggère que le yoga, vécu comme un sport, est réservé aux corps jeunes, à ceux et celles qui n’ont pas de problèmes physiques ou qui ont un corps très musclé.

Pourtant, des milliers de yogi et yoguini se tiennent loin de ces schémas, de ces codes du paraître.

Doivent-ils pour autant se sentir honteux, comme si leur yoga était moins « valable », parce que moins visible sur leur silhouette ? N’oublions pas que le yoga ce n’est pas que des postures. C’est aussi une intériorisation, un vécu depuis notre corps intérieur qui devient, grâce à la pratique, peu à peu plus conscient. Khrishnamacharia, lors du congrès de Dinal en 1978 déclarait : « le but ultime du yoga est de connaître qui je suis et ce que je suis ».

Avant d’être une activité physique qui permet pour certains de soulager les maux ou de maigrir, le yoga est une pratique spirituelle et une philosophie de vie. Les asânas, c’est-à-dire les postures, ont un fort impact sur la forme physique du pratiquant. Mais elles ne sont qu’ un des aspects du yoga. Le yoga nous emmène à prendre conscience d’autres aspects tout aussi importants : la respiration, la méditation, le mental, le spirituel, l’hygiène de vie. Le yoga considère l’être comme un ensemble, qui ne dissocie pas le mental et le corps.

Finalement, le yoga est bien plus qu’une activité physique, bien plus qu’un sport !

Yoga et respiration 

La pratique des techniques de respirations en yoga, appelée Pranayama, permet d’apprendre à contrôler son souffle. En régulant sa respiration, en lui proposant des variations dans un temps et espace donné, le cœur accélère ou ralentit pour s’adapter à son environnement. Cette pratique de respiration en yoga, quand elle travaille sur les deux temps de l’inspiration et de l’expiration, rejoint la cohérence cardiaque :

La cohérence cardiaque est un état particulier de la variabilité cardiaque induit par la respiration, ce qui entraîne une augmentation de son amplitude et présente des effets bénéfiques pour la santé et le mieux-être. Cette régulation du souffle est considérée comme une technique physiologique de contrôle du stress.

En agissant sur notre rythme cardiaque via des exercices de respiration en yoga, nous avons la possibilité de réguler notre anxiété. Les premiers effets visibles sont souvent une sensation de bien-être, de calme, d’apaisement. D’autres effets, sur du plus long terme peuvent apparaître : diminution des troubles du sommeil, meilleure récupération, amélioration de la concentration et de la mémorisation.

Retrouvez plus d’explications ici avec Gilbert Payan, formateur en Cohérence Cardiaque à l’Institut de formation Equilibios David O’HARE :